Gazette de l’année 2022-2023

Cette page est la vôtre pour partager les bons moments de vos randonnées, se souvenir.

Si vous le souhaitez, Evelyne vous remercie de lui faire parvenir vos écrits surtout lorsqu’elle ne participe pas aux randonnées.

Lundi 7 novembre : sortie vieilles branches ! Depuis l’hôtel de ville jusqu’au Jardin des plantes, nous parcourons les 4ème et 5ème arrondissements, passons au large de Notre-Dame et de ses échafaudages, jetant un œil au plus vieil arbre de Paris, le robinier faux-acacia, du square Vivian, planté là vers 1600 par Monsieur Robin. Nous ne verrons pas quelques arbres coupés depuis l’édition du livret de rando : un saule pleureur, un noyer du Caucase mais nous découvrons, près des arènes de Lutèce, un oranger des Osages et plus tard un chêne à feuilles de châtaignier avant de grimper dans le labyrinthe du Jardin des Plantes avec une vue superbe sur un cèdre planté en 1734 par Antoine de Jussieu. Après les arbres remarquables, nous découvrons le monde du minuscule en cours d’installation au Jardin des Plantes que nous ne manquerons pas de découvrir lors des illuminations.

Mardi 8 novembre. De la gare d’Auvers-sur-Oise, nous gagnons le chemin de halage qui suit l’Oise jusqu’au Château de Méry.  Nous traversons le bois des Garennes, montons sur le plateau et redescendons dans une ravine qui nous mène au Port-aux-Moines. Nous longeons l’Oise et la quittons pour aller saluer Vincent et Théo sur ce plateau que le peintre trouvait « gravement beau ». Nous redescendons vers l’église si superbement peinte par Van Gogh. Une fin de parcours impressionniste !

Jeudi 10 novembre. Marche royale très appréciée en cette journée automnale. Le soleil dans les yeux à l’aller, le soleil dans le dos au retour, en admirant la Défense qui se profile au lointain comme crayonnée au fusain. Une révélation positive à mi-chemin : retrouver nos petites pauses gourmandes et amicales, perdues depuis les confinements ! C’est noté ! selon toutes les randonneuses qui ont participé à la rédaction de ce message. 

Lundi 14 novembre. Nous arrivons devant la Manufacture de porcelaine de Sèvres et son musée national de la céramique qui rassemble près de 5000 œuvres de céramiques du monde entier et de toutes les époques. Nous ne nous y arrêtons pas et rejoignons les jardins à la française du parc de Saint-Cloud qui s’étend sur 460 hectares. Son histoire reste étroitement liée à l’Histoire de France. En 1577, Catherine de Médicis offrit à son écuyer un petit domaine sur un coteau situé en bordure Seine. Façonnés au 16ème siècle, le château et son parc furent embellis par les architectes Le Pautre puis Hardouin-Mansart. En 1785, la reine Marie-Antoinette acheta le domaine et commanda des travaux d’agrandissement. Après la révolution, le palais devint l’un des sièges du pouvoir exécutif jusqu’à la chute de Napoléon III. Il fut détruit par les flammes pendant la guerre franco-prussienne en 1870 et ses ruines furent rasées en 1892. Le parc nous offre une vue imprenable sur Paris. Nous voici à présent dans les rues de Sèvres. Au numéro 14 de l’avenue Gambetta se cache la jolie maison des Jardies. Avant même que la demeure ne soit construite, Honoré de Balzac y avait fait installer un chalet pour profiter de son cadre champêtre. Quarante ans après, Léon Gambetta acheta la propriété qui fut sa dernière demeure. Un parcours dans la forêt de Fausses-Reposes nous mène aux étangs de Corot. Le premier étang nommé le Vieil Etang date de la fin du Moyen-Âge et fut créé pour servir de réserve de pêche. L’Etang Neuf fut conçu par le frère de Louis XIV, Philippe duc d’Orléans, pour satisfaire les besoins d’alimentation en eau du château de Saint-Cloud et de son parc. Les étangs sont alimentés par des rigoles recueillant les eaux pluviales de la forêt voisine et par un aqueduc drainant les eaux souterraines. Ils ont inspiré de nombreuses toiles au peintre Jean-Baptiste Camille Corot au 19ème siècle, d’où le nom qui leur est donné. Nous remarquons la végétation qui envahit ces étendues d’eau dont le niveau a considérablement baissé. Notre randonnée se termine à la gare de Ville d’Avray où nous échangeons avec les nombreux contrôleurs présents.

Mardi 15 novembre. De la Villette à la Sainte-Chapelle, notre randonnée suit la promenade du Bœuf Gras dans Paris, fête disparue du calendrier des festivités parisiennes en 1952. Le lieu de départ était le marché aux bestiaux de La Villette dont subsiste la Grande Halle qui pouvait alors contenir plus de 5000 animaux. Le site a été totalement réaménagé pour devenir celui que nous parcourons ce matin avec la Cité des Sciences et de l’Industrie, la Géode, la Cité de la Musique, … Nous traversons le canal de l’Ourcq, suivons le canal Saint-Denis sur lequel des collégiens s’essaient à la navigation en kayak avant de rejoindre l’avenue de Flandre bien connue des retraités qui ont eu besoin de se rendre au siège de la CNAV. Nous imaginons le troupeau impressionnant de bovidés transitant par ces rues et ces ponts…Nous rejoignons la rotonde de La Villette, un ancien bureau d’octroi où étaient payées des taxes sur certaines marchandises entrant dans Paris : c’est aujourd’hui un restaurant. Cette fois, nous suivons le canal Saint-Martin avant de rejoindre la gare de l’Est , la plus ancienne des gares parisiennes. Un Bouillon Chartier nous ouvre ses portes. Nous voilà rassasiés et reposés pour reprendre notre route vers la porte Saint-Denis, la rue d’Aboukir et toutes ses vitrines de robes de soirée, la place du Caire dont une légende dit qu’elle serait la cour des Miracles du roman Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo. Dans le quartier de la rue de Montorgueil, nous ne pouvons cacher notre côté gourmand devant certaines vitrines. Nous sommes rue de Rivoli, nous contournons la Tour Saint-Jacques car notre chemin passe par le pont Notre-Dame pour se terminer à la Sainte-Chapelle où, on raconte, qu’en 1739, on fit gravir les escaliers à un bœuf pour aller saluer le président du Tribunal. Une randonnée agréable et instructive bien que sous les parapluies.

Jeudi 17 novembre. A Paris douze avenues prestigieuses et majestueuses bordées d’immeubles somptueux rayonnent depuis la place de l’Etoile où se dresse le monumental Arc-de-Triomphe, point de départ de notre randonnée. Ce monument grandiose, demandait une architecture d’accompagnement, créée par Hittorff, à la demande de Napoléon III. Mais la disposition de ces nouvelles architectures fut décidée par Haussmann. En urbaniste avisé, il imposa, en 1854, d’ouvrir cet ensemble prestigieux sur le tissu urbain qui n’allait pas manquer de se créer. C’est le quartier le plus riche de Paris symbolisé par l’immense Avenue Foch avec ses pelouses et ses contre-allées où les hôtels particuliers de tous styles sont savamment dissimulés par de grands arbres et des portails luxueux. Notre randonnée-balade nous invite à admirer la création de cette urbanisation réalisée en une quarantaine d’années, par les meilleurs architectes du moment, autour de l’Etoile, via le prestigieux parc Monceau aménagé par l’ingénieur Alphand. Une des entrées de la station de métro de la porte Dauphine est remarquable avec son édicule ‘libellule’, l’un des deux derniers exemples d’entrée couverte d’Hector Guimard.

Jeudi 24 novembre. Depuis le pont de Bezons, nous longeons la Seine le long du parc Pierre Lagravère jusqu’à Argenteuil où la Maison de Monet nous ouvre ses portes. Claude Monet vécut à Argenteuil de 1871 à 1878. Argenteuil était alors un excellent emplacement alliant ville et campagne, accessible par le train depuis Paris. Dans cette maison, Claude Monet a peint 259 toiles dont plus de 150 ont pour sujet Argenteuil. Au rez-de-chaussée de la maison nous est contée l’arrivée du peintre et de sa famille à Argenteuil. Nous sommes invités à ouvrir portes de placards, tiroirs, volets pour découvrir la vie à Argenteuil au travers des tableaux du peintre. Au premier étage sont mis en parallèle les photographies de ponts, trains et gare, leur arrivée en ville avec les représentations de Monet. Au deuxième étage nous montons à bord de la cabine du bateau-atelier reconstitué comme celui que s’était aménagé Claude Monet en 1871 : même les odeurs sont là ! Nous nous exerçons à peindre sur un écran tactile. Nous descendons dans le jardin, à l’arrière de la jolie maison rose aux volets verts, il n’est plus aussi grand qu’à l’époque mais agréable. Ce parcours scénographique et lumineux pour découvrir les œuvres d’un grand peintre impressionniste nous a permis de passer un excellent après-midi.

Lundi 28 novembre. A l’emplacement du site de La Défense s’élevait l’un des plus vastes bidonvilles de la région parisienne, des terrains vagues ainsi que d’anciennes carrières de gypse. Tout changea en 1958 avec l’inauguration du CNIT comme nouveau Palais des Expositions. Nous marchons aujourd’hui dans un univers totalement minéral, de béton et de verre, chaque tour est une œuvre architecturale unique d’un monde vertical, fascinant par l’esthétisme et les techniques modernes mises en œuvre. Le quartier de La Défense est principalement constitué d’immeubles de bureaux, mais des immeubles d’habitation, des restaurants, un commissariat, des banques, un centre commercial, une chapelle, …, y sont également installés. Nous déambulons, le nez en l’air. La Grande Arche, inaugurée en 1989 au moment du bicentenaire de la Révolution sous le nom de Grande Arche de la Fraternité et construite sur l’axe historique parisien, est l’un des grands travaux du Président François Mitterrand.  Le parc André Malraux, de 25 hectares, s’étend au pied des tours Aillaud, à quelques pas de la Grande Arche. Nous nous dirigeons vers la Seine. Nous contournons le terrain des anciennes papeteries de Nanterre dont la transformation est en route avec la construction d’un campus de bureaux, construit en bois massif, dans un parc de 9 hectares où seront plantés 1000 arbres pour retrouver améliorer la santé et le bien-être des habitants. Un peu plus loin, nous rejoignons la Seine au parc du Chemin de l’Île. Nous y déambulons avant de rejoindre le Parc des Impressionnistes et Rueil-Malmaison, dernière étape de notre randonnée aux couleurs de l’automne.

Mardi 29 novembre. Notre randonnée se déroule dans le quartier des Olympiades, le Paris de l’Asie. Nous empruntons un passage souterrain menant à un parking mais, également et curieusement, à l’autel du culte de Bouddha. Des lanternes rouges nous invitent à entrer dans ce temple où bougies, encens, fleurs colorées, statues dorées, photos punaisées au mur nous interpellent. Nous sommes dans le 13ème arrondissement de Paris, plus précisément dans le « Triangle d’Or », délimité par les avenues de Choisy et d’Ivry et le boulevard Masséna. Berceau de l’immigration indochinoise depuis les années 50 qui accueillit de nombreux réfugiés dans les années 70, le Chinatown parisien est une ville dans la ville avec restaurants, salons de thés, bazars colorés, supermarchés, lieux de culte… Dans ce quartier les idéogrammes sont rois. Nous voici sur la grande terrasse entourée de tours portant chacune le nom d’une ville ayant accueilli les Jeux Olympiques (d’où Olympiades !) : nous découvrons « la Dalle », l’emblème du quartier. Sur la Dalle, les commerces sont couverts de toits qui rappellent ceux des pagodes asiatiques. C’est une coïncidence car, à l’origine, l’architecte voulait évoquer les toiles tendues qui couvrent les étals des marchés parisiens ! Les hautes tours qui encadrent la Dalle sont nées du programme d’aménagement « Italie 13 ». A la fin du 19ème siècle, ces terrains étaient ceux de l’usine automobile Panhard et Levassor qui construisit la première voiture parisienne. Cette usine fut le berceau de l’immigration asiatique dans le quartier. Dans les années 30, on y dénombrait près d’un millier de travailleurs chinois. Mais quand l’usine ferme ses portes dans les années 60, ce sont des kilomètres carrés de friche industrielle qu’il faut réinvestir. Si ces tours sont boudées par les Parisiens, elles sont plébiscitées par les immigrés asiatiques qui arrivent en France à cette période. Sur la Dalle se trouve aussi le lieu de culte d’une communauté originaire de Canton : le Centre Teochew de méditation bouddhique. Nous en poussons la porte et nous déchaussons. Le long des murs, 18 statues impressionnantes, presque grandeur nature, représentent les Gardiens de la Loi. Chacun a son rôle bien défini, indiqué sur une petite pancarte à ses pieds : « celui qui tient le bol », « celui qui dompte le dragon », « celui aux longs sourcils », … Sous la Dalle, nous découvrons le grand centre commercial Oslo avec des magasins de toutes sortes. Plus loin, quelques rues paisibles et bucoliques, tel,s l’impasse Nationale et le passage Bourgoin, tranchent avec les hautes tours avoisinantes et le bouillonnement du quartier chinois. Ce sont des rescapés d’une époque lointaine, vestiges du passé modeste de l’arrondissement peuplé alors d’artisans et d’ouvriers où nous retrouvons une atmosphère de village, bien singulière dans ce quartier Au cours de l’après-midi, nous parcourons l’avenue d’Ivry en long, en large et en travers, tant elle regorge de merveilles. Nous entrons chez Tang frères, le supermarché asiatique de Paris à la recherche d’exotisme pour préparer notre repas du soir. Plus loin, ce sera l’Empire des Thés où Marc s’instruira sur la cérémonie des petites tasses. Des brioches seront achetées dans une boulangerie de la même rue. Notre randonnée s’est révélée gastronomique.