Cette page est la vôtre pour partager les bons moments de vos randonnées, se souvenir.
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Joyeuse nouvelle année !
Que 2026 soit l’occasion d’atteindre de nouveaux « sommets » ensemble !
Lundi 2 février. Nous sommes seize randonneurs appelés par le soleil au pied de la majestueuse Basilique de Saint-Denis. Nous nous dirigeons vers la Seine et l’Ile- Saint-Denis. L’île-Saint-Denis est née vers la fin du XIXème siècle du regroupement de quatre îlots. Jusqu’au début du XXème siècle, cette île vécut beaucoup au travers de ses activités liées au fleuve (blanchisserie, pêche…) et à la batellerie : ravitaillement des bateaux, remorquage, réparation navale. Cette île, cette commune, est aujourd’hui agrémentée d’un remarquable parc, longé par les deux bras de la Seine. Notre randonnée se déroule presque exclusivement au bord de l’eau, qu’il s’agisse du canal Saint-Denis ou des deux bras de la Seine. Nous apercevons sur le petit bras de la Seine, côté Hauts de Seine, des activités de chantier naval qui perdurent. Le Parc Départemental de L’Ile-Saint-Denis que nous rejoignons est un agréable lieu de détente comme le fut l’île à l’époque des guinguettes et de l’Impressionnisme. C’est aujourd’hui un site Natura 2000 pour sa faune et sa flore protégées. Quittant l’île, nous traversons Epinay-sur-Seine avec son ambiance d’ancien village rural : son église Saint-Médard, la rue du Mont avec l’ancienne maison de vignerons à côté des Studios Eclair, la rue de l’Abreuvoir… Nous nous dirigeons vers le chemin de halage que nous empruntons jusqu’à l’écluse, le confluent de la Seine et du canal Saint-Denis. Nous voilà de retour à notre point de départ après avoir découvert les différentes facettes de cette boucle du fleuve, ses paysages, fortes sources d’inspiration pour les peintres impressionnistes, ses éléments architecturaux, ses havres de nature.
Jeudi 5 février. Quittant le centre-ville, nous entrons dans le Parc de Maisons-Laffitte. L’avenue Wagram nous conduit directement à la place Napoléon où les taupes ont accidenté le terrain. La statue en pied de l’empereur mise à terre en 1973 par vandalisme est remplacée par un buste. Lors du grand ménage dans le bastion nord des Caves du Nord, les morceaux de la statue furent exhumés. Après restauration, la statue retrouve sa place au centre d’une étoile de végétation en novembre 2022. Remontant l’avenue Sainte-Hélène, nous découvrons le Centre International de Rééducation Équine (CIRE) en cours de construction selon les vœux de l’entrepreneur innovant Frédéric Hinderzé. Après une heure de rando cool, nous dégustons des crêpes chez Pierre, tartinées de délicieuses confitures maison. Merci Pierre.
Lundi 9 février. Une randonnée urbaine nous emmène autour de l’Arc de Triomphe. Une balade sportive, certes, mais surtout très chic, puisque notre parcours longe les Palaces parisiens, symboles de l’excellence hôtelière française. En effet, la distinction « Palace », la plus prestigieuse en France, récompense des établissements d’exception pour la qualité de leur service, leur histoire et leur luxe. Paris en concentre à elle seule douze sur les trente et un existant. Autant dire que chacun de nos pas se fait en terrain très haut de gamme car tous incarnent le raffinement parisien à travers une architecture remarquable, un héritage historique fort, un art de vivre unique. Cette randonnée nous offre ainsi une immersion culturelle et patrimoniale au cœur du luxe et de l’histoire de la capitale, mettant en lumière le prestige et le savoir-faire à la française. Tout au long de la randonnée, nous découvrons ou redécouvrons des lieux mythiques comme le Peninsula, le Bristol, le Park Hyatt Vendôme, le Crillon, le Shangri-La, le Plaza Athénée, le Royal Monceau ou encore le Four Seasons George V, des hôtels chargés d’histoire, de raffinement et de légendes où l’on croise plus facilement des célébrités que des randonneurs en baskets. Cette promenade mêle ainsi culture, patrimoine et luxe, offrant une immersion élégante dans le Paris des Palaces… sans avoir besoin d’y réserver une nuit.
Mardi 10 février. Comment se lasser du parc de Maisons-Laffitte avec ses réserves boisées, ses places, ses squares, ses bassins, ses écuries, son hippodrome… ? Ses quatre cent vingt hectares, ses soixante-deux kilomètres d’avenues nous offrent une multitude d’itinéraires et nous pouvons en user et en abuser à notre guise à la recherche de verdure, d’oxygène, de crocus et de perce-neige annonçant la fin de l’hiver. Notre balade mêlant tous ces plaisirs était agréable ce mardi.
Jeudi 12 février. Notre randonnée proposée au cœur de Paris va nous permettre de nous rappeler, à chaque détour de rue, un épisode de l’histoire de Paris. Les géologues qualifient la Montagne Sainte-Geneviève de butte-témoin, isolée par la Seine et son affluent la Bièvre. Elle commença à être urbanisée par les Romains pour faire pendant à la ville gauloise de l’Ile de la Cité. Après le Moyen Age, le quartier naissant se structura autour des églises et des collèges. Au XIXème siècle, elle prit avec Haussmann son aspect actuel. Rue Jean de Beauvais, nous admirons la façade de l’église des Saints-Archanges. Depuis 2009, elle possède le rang de cathédrale et est le siège de la Métropole d’Europe Occidentale et Méridionale de l’Eglise Orthodoxe. Après le passage de quelques rues qui ont conservé leur caractère médiéval, en grimpant la rue de la Montagne Sainte-Geneviève, nous découvrons une jolie petite cour cachée derrière un porche, un passage secret; puis nous bénéficions d’une vue exceptionnelle sur le clocher de l’église Saint-Etienne-du-Mont, célèbre pour avoir conservé son jubé du XVème siècle. Nous poursuivons notre chemin vers les places Sainte-Geneviève et du Panthéon, ce qui nous permet de longer ensuite l’une des dernières parties de l’enceinte Philippe-Auguste puis de franchir le porche de l’Hôtel des Grandes Écoles avec un jardin et une cour pavée pleins de charme au sein de ce site historique. A partir de la Place de la Contrescarpe, nous empruntons la rue Mouffetard, l’une des rues les plus animées de Paris. Différentes enseignes sur les murs nous rappellent l’histoire de ce quartier. Au bas de la rue Mouffetard, s’élève l’église Saint-Médard édifiée du XVème au XVIIIème siècle. En face de l’église, un décor mural remarquable a été réalisé par le peintre italien Guéri en 1929. En remontant la rue Monge, notre dernière visite est pour les arènes de Lutèce, le plus ancien vestige de l’installation humaine sur les terres de Paris encore visible dans la capitale. Une météo clémente nous a permis d’apprécier tranquillement cette partie historique de Paris.
Lundi 16 février. Notre randonnée est urbaine du nord au cœur de Paris, de la Porte de la Villette jusqu’à Châtelet. Elle mêle canaux, collines, quartiers populaires et un peu d’histoire parisienne. Nous débutons près de la Maison de la Villette, dans le vaste Parc de la Villette. aménagé dans les années 1980 sur les anciens abattoirs de Paris ; c’est aujourd’hui l’un des plus grands espaces verts de la capitale. À quelques pas, nous passons devant la Grande Halle de la Villette, ancienne halle aux bœufs du XIXème siècle transformée en lieu d’expositions et de concerts. L’architecture métallique rappelle les grandes structures industrielles de l’époque. Nous rejoignons la Galerie de la Villette avant de longer le Canal de l’Ourcq. Creusé au début du XIXème siècle sous Napoléon Bonaparte pour alimenter Paris en eau potable, le canal est aujourd’hui un lieu de promenade très vivant. Les péniches, les ponts métalliques et les cafés au bord de l’eau donnent presque une atmosphère de petite ville portuaire. En quittant le canal vers le sud-est, nous arrivons dans le surprenant quartier de la Mouzaïa connu pour ses petites maisons ouvrières colorées et ses ruelles pavées appelées « villas ». Elles ont été construites à la fin du XIXème siècle sur d’anciennes carrières de gypse. Le sous-sol fragile explique pourquoi on n’y a jamais bâti d’immeubles élevés. C’est l’un des coins les plus calmes du nord-est parisien. Juste à côté s’étend le spectaculaire Parc des Buttes-Chaumont. Créé en 1867 sous Napoléon III et conçu par l’ingénieur Jean-Charles Alphand, ce parc transforma d’anciennes carrières et décharges en paysage romantique : falaises artificielles, pont suspendu et un temple perché sur une île. Le temple au sommet est inspiré du temple de Tivoli en Italie. En descendant vers le sud-ouest, nous atteignons la discrète Butte Bergeyre. C’est une petite colline résidentielle construite dans les années 1920, nommée d’après le rugbyman Robert Bergeyre. Elle possède des jardins partagés et un panorama sur Montmartre. Notre marche continue vers le quartier de Belleville jusqu’à la colorée Rue Sainte-Marthe, un micro quartier artistique avec des fresques murales, cafés et restaurants cosmopolites. Elle reflète bien l’esprit populaire et multiculturel de l’est parisien. Nous rejoignons ensuite le Canal Saint-Martin et son agréable Quai de Jemmapes. Ce canal, inauguré en 1825 avec ses écluses, passerelles et platanes, relie le bassin de la Villette à la Seine. Un peu plus loin se trouve le remarquable Hôpital Saint-Louis, fondé en 1607 par Henri IV pour isoler les victimes de la peste. Notre balade nous mène à la vaste Place de la République dominée par la statue monumentale de la République inaugurée en 1883. Nous terminons notre randonnée en descendant vers le centre historique jusqu’au métro Châtelet–Les Halles. Notre itinéraire a traversé des quartiers aux identités très contrastées.
Mardi 17 février. La réputation de Paris en terme de mode n’est plus à faire. Étape incontournable des défilés de haute couture, la ville concentre aussi les plus grandes maisons françaises et internationales de prêt-à-porter, joaillerie et bijouteries. Notre randonnée sera élégante à travers les quartiers où se sont écrites certaines des plus grandes pages de l’histoire de la haute couture. Nous passons par les quartiers les plus huppés de la capitale : le Triangle d’Or, Saint-Honoré, Madeleine et Place Vendôme. Un étalage de luxe et de richesse qui laisse difficilement la tête froide, mais qui participe incontestablement au prestige de Paris à travers le monde et qui mérite donc d’être découvert ! Commençons par la somptueuse Place Vendôme. Créée au XVIIème siècle sous Louis XIV, cette place parfaitement symétrique est aujourd’hui l’un des centres mondiaux du luxe. Autour de la place se trouvent les grandes maisons de joaillerie comme Cartier, Boucheron ou Van Cleef & Arpels. Au centre s’élève la colonne Vendôme, fondue avec le bronze de canons pris lors de la victoire de Napoléon Bonaparte à Austerlitz. En quittant la place, on rejoint la célèbre rue Saint-Honoré, devenue l’un des axes majeurs de la mode contemporaine. Quelques minutes plus loin, on arrive rue Cambon, devant la mythique maison de Chanel. C’est ici que Coco Chanel installa sa maison de couture en 1910. Au numéro 31 se trouve encore l’escalier de miroirs d’où elle observait ses défilés sans être vue. En marchant vers la Seine puis l’ouest, on arrive sur l’élégante Avenue Montaigne. On y trouve les maisons emblématiques comme Dior, dont la première collection fut présentée en 1947 par Christian Dior. Ce défilé lança le célèbre « New Look », silhouette révolutionnaire qui redonna à Paris son statut de capitale de la mode après la guerre. On croise aussi Louis Vuitton et Fendi. La promenade continue sur la mythique Avenue des Champs-Élysées. Cette avenue conçue au XVIIème siècle par le jardinier de Louis XIV est aujourd’hui une vitrine mondiale du luxe. Les grandes maisons y rivalisent d’architectures spectaculaires. Le magasin phare de Louis Vuitton attire particulièrement l’attention avec ses façades monumentales et ses installations artistiques. En descendant vers la Seine, on atteint l’élégante Avenue George V. Elle concentre certains des hôtels les plus luxueux du monde. La randonnée peut se terminer dans le fameux Triangle d’or formé par les avenues Montaigne, George V et les Champs-Élysées avec la haute couture, la joaillerie et les palaces. Nous avons marché dans les traces de créateurs comme Yves Saint Laurent ou Hubert de Givenchy, qui ont fait de Paris la capitale mondiale de la haute couture.
Lundi 9 mars. Notre randonnée nous mène dans la vallée de l’Oise, entre nature et histoire. Nous commençons à Cergy Pontoise, ville nouvelle créée en 1969 pour organiser la croissance de l’Île-de-France. La ville a été pensée pour s’intégrer au paysage de la boucle de l’Oise, notamment avec l’Axe majeur imaginé par l’artiste Dani Karavan. Cet alignement monumental offre de superbes points de vue et surtout une excellente occasion de s’arrêter pour admirer le paysage. Une partie de notre parcours suit l’ancien tracé du fameux « tacot », une petite ligne ferroviaire qui reliait Pontoise à Poissy entre 1912 et 1934. Ce train transportait les habitants, les produits agricoles et même les boues de Paris utilisées comme engrais. Autrement dit, un train écologique avant l’heure, mais probablement pas très apprécié par les nez sensibles. La ligne a fini par disparaître à cause des pannes, de la guerre et de l’arrivée de l’automobile. Aujourd’hui, à la place du train, on trouve des marcheurs un peu plus lents. En passant par Jouy-le-Moutier, nous découvrons un village qui garde son organisation rurale avec ses maisons agricoles et ses murs en pierre. Au fil du temps, des villas de villégiature puis des pavillons modernes se sont ajoutés, preuve que le coin reste attractif surtout pour ceux qui aiment vivre près de la nature sans être trop loin de Paris. Tout au long de la balade, l’Oise nous accompagne. Autrefois utilisée pour l’agriculture et le transport, elle est aujourd’hui surtout un lieu de promenade. Au XIXème siècle, l’arrivée du train avait déjà transformé cette vallée en destination de loisirs pour les Parisiens qui venaient se détendre au bord de l’eau. En somme, ils faisaient déjà ce que nous faisons… mais avec probablement moins de chaussures de randonnée. Notre randonnée se termine à Conflans-Sainte-Honorine, capitale historique de la batellerie, là où l’Oise rencontre la Seine. Un lieu chargé d’histoire fluviale et l’endroit idéal pour conclure la marche, les jambes un peu fatiguées mais l’esprit bien aéré. Une belle balade, de l’histoire, de la nature… et quelques kilomètres de plus au compteur.
Mardi 10 mars. Notre randonnée débute au pied de la Colonne de Juillet, sur la Place de la Bastille, haut lieu de la Révolution française : c’est ici que s’élevait autrefois la célèbre prison de la Bastille, prise le 14 juillet 1789. La colonne actuelle commémore quant à elle les Trois Glorieuses, trois jours révolutionnaires, soit l’équivalent d’un long week-end, mais avec un peu plus de panache. En empruntant le Boulevard Beaumarchais, tracé sur les anciens remparts de Charles V, nous longeons l’Hôtel de Sagonne construit par Jules Hardouin-Mansart pour lui-même, témoin de l’architecture aristocratique du XVIIIème siècle. Le parcours se poursuit sur le Boulevard des Filles-du-Calvaire jusqu’au Cirque d’Hiver inauguré en 1852 sous Napoléon III, et toujours en activité aujourd’hui. Le Boulevard du Temple, autrefois surnommé « boulevard du Crime » en raison de ses nombreux théâtres populaires, mène à la Place de la République, symbole des valeurs républicaines et lieu majeur de rassemblements citoyens depuis le XIXème siècle. La balade se poursuit par la Rue du Faubourg du Temple jusqu’au Canal Saint-Martin, creusé au début du XIXème siècle sur ordre de Napoléon Bonaparte pour approvisionner Paris en eau potable et faciliter le transport de marchandises. Nous suivons les quais de Jemmapes et de Valmy. Après avoir jeté un œil à La Grisette, nous rejoignons le Boulevard Richard-Lenoir aménagé au-dessus de l’ancien canal couvert au XIXème siècle lors des transformations de Georges-Eugène Haussmann, l’homme qui a élargi les rues. Notre itinéraire s’achève dans le quartier animé de la Rue Oberkampf, ancien faubourg industriel devenu haut lieu de la vie nocturne, puis par la Cité Griset, passage discret chargé de mémoire ouvrière, jusqu’au Métro Ménilmontant, au cœur d’un quartier populaire marqué par l’histoire des révoltes parisiennes, notamment durant la Commune de Paris. Cette promenade nous a offert un véritable voyage dans le temps, entre vestiges de l’Ancien Régime, grands travaux du XIXème siècle et mémoire des révolutions qui ont façonné l’est parisien.
Jeudi 12 mars. Nous sommes dans le 12ème arrondissement de Paris, un quartier où commerce et artisanat prospérèrent grâce au port de l’Arsenal où transitaient les marchandises commandées par la Ville de Paris. Dès le 12ème siècle, la rue du Faubourg Saint-Antoine fut l’un des axes commerciaux principaux de la capitale avec ses nombreux ateliers de menuiserie et d’ébénisterie dans les cours et les impasses que nous explorons aujourd’hui. S’ouvrant sur la place de la Bastille et son agitation, la cour Damoye nous surprend par son calme et son charme. Aménagée par Pierre Antoine Damoye, quincaillier du 18ème siècle, cette cour abritait les logements de nombreux chiffonniers, ferrailleurs et autres artisans, ainsi que leurs ateliers au rez-de-chaussée. Au bout de ce passage est implanté depuis 1946 un atelier de torréfaction. Nous nous retrouvons rue de Lappe devant le Balajo qui rappelle de belles soirées dansantes. Plus loin, le passage du Cheval Blanc dessert une succession de petites cours portant chacune un nom de mois, de janvier à juin. Ce labyrinthe abritait un dépôt de bois pour les ébénistes et menuisiers du coin. Rue du Faubourg Saint-Antoine se succèdent de nombreux passages : la cour du Faubourg, la cour pavée du Bel Air couverte de vignes, le passage du Chantier, une ruelle pittoresque où les fabricants de meubles et tapissiers occupent encore les vitrines, la cour des Bourguignons typique des grandes cours industrielles qui apparaissent dès la seconde moitié du 19ème siècle et dont subsiste aujourd’hui la cheminée qui culmine à 32 mètres, la cour Saint-Joseph et la cour Jacques Vigues bien cachées. Nous ressortons rue de Charonne où de nombreux lieux insolites nous accueillent encore avec leurs cours végétalisées, leurs ateliers de dorures, … Le passage de Lomme cache un grand magasin de jouets. Passage de la bonne Graine s’est installé un fleuriste. Passage de la main d’Or, un bas-relief représente un ébéniste au travail témoignant de l’artisanat d’autrefois. Il y subsiste des ateliers de bronze et de cuivre. Le Paris d’autrefois s’est dévoilé cet après-midi.
Lundi 16 mars. Notre balade se situe dans le XIIème arrondissement de Paris à la découverte des Habitations à Bon Marché (HBM), ancêtres du logement social actuel. Notre parcours évoque l’histoire du logement social du début du XXème siècle jusqu’aux HLM d’aujourd’hui, en présentant à la fois des réalisations issues de fondations philanthropiques et des programmes publics des années 1920-1930. Les HBM apparaissent dans un contexte de préoccupations hygiénistes et sociales liées aux mauvaises conditions de logement et aux épidémies de choléra et de tuberculose qui touchent Paris au XIXème siècle. Les fondations privées jouent un rôle pionnier en développant les principes architecturaux des HBM (orientation des immeubles, usage de la brique, organisation autour de cours aérées) ainsi que leurs modes de production et de gestion, qui inspireront ensuite les politiques publiques de la Ville de Paris. Parmi elles, la fondation Rothschild, créée en 1904 pour améliorer les conditions de vie des travailleurs, fait construire plusieurs ensembles d’HBM à Paris entre 1907 et 1919. L’ensemble que nous visitons rue de Prague, conçu par l’architecte Augustin Rey puis réalisé sous la direction d’Henri-Paul Nérot, comprend 321 appartements destinés à une population modeste ; les immeubles sont organisés autour de cours arborées ouvertes sur la rue pour favoriser l’aération et l’hygiène. Le porche d’entrée est décoré de bas-reliefs de Léon-Ernest Drivier représentant un artisan du bois, un forgeron et une allégorie de la famille. Ces ensembles offrent également des équipements collectifs destinés à améliorer la vie quotidienne des habitants : lavoir, bains-douches, dispensaire, garderie et crèche, ainsi que des cours du soir pour les femmes (puériculture, cuisine, couture, repassage). La fondation Lebaudy, avenue Daumesnil, poursuit des objectifs similaires en construisant des logements salubres et bon marché destinés aux ouvriers et employés ne possédant pas de maison. Nous croisons les anciennes fortifications de Thiers, démolies dans l’entre-deux-guerres, où se sont développés de nombreux ensembles d’HBM publics dans la « ceinture rouge ». Notre excursion HBM se termine à la Porte Dorée par la découverte d’un immeuble social avec terrasses sur le toit. Nous retournons vers la Gare de Lyon en marchant sur la promenade plantée René Dumont avant de rejoindre la jolie rue Crémieux avec ses façades colorées.
Mardi 17 mars. Notre randonnée architecturale débute au cœur du Jardin des Plantes, véritable écrin de verdure et haut lieu du patrimoine scientifique parisien. Dès les premiers pas, l’architecture du site se distingue par son organisation classique à la française : perspectives rectilignes joliment fleuries, alignements d’arbres où une photo de groupe s’impose, bâtiments savants aux façades sobres mais élégantes.En quittant le jardin pour rejoindre les rues Polineau et de l’Essai, le parcours révèle un patrimoine plus discret mais tout aussi intéressant. Le Garage de l’Essai constitue une curiosité architecturale. Cet ancien garage urbain, où subsiste une ancienne pompe à essence étalonnée en francs, témoigne de l’essor de l’automobile au XXème siècle, avec une structure fonctionnelle et une esthétique industrielle sobre, aujourd’hui rare à Paris. À proximité se trouve l’Institut de Paléontologie Humaine, édifice remarquable du début du XXème siècle. Sa façade richement sculptée, ornée de bas-reliefs évoquant l’évolution humaine, illustre une architecture scientifique pédagogique et décorative. Non loin, le bâtiment du Droit Humain attire notre attention par son style singulier, mêlant symbolisme et sobriété, reflet de son histoire liée à une organisation humaniste et maçonnique. Le boulevard Saint-Marcel marque ensuite une transition plus animée avec des bâtiments aux gabarits plus imposants et une circulation dense qui nous rappellent l’organisation haussmannienne de la ville. La progression vers la rue Jules Breton et le boulevard de l’Hôpital met en lumière un ensemble architectural hospitalier remarquable. La Pitié-Salpêtrière s’impose comme un vaste complexe historique, où les pavillons anciens alternent avec des structures plus contemporaines. L’ordonnancement des cours et des bâtiments reflète une conception fonctionnelle héritée de plusieurs siècles d’évolution hospitalière. En poursuivant par la rue Dunois, l’atmosphère change nettement avec un quartier plus moderne. Les rues Marcel Duchamp et Jean Fautrier illustrent l’urbanisme contemporain avec des immeubles aux lignes épurées, souvent habillés de verre, de métal et de béton clair. L’architecture y privilégie la lumière, les volumes ouverts et une certaine diversité. La rue Cantagrel puis la rue Eugène Oudiné prolongent cette impression de modernité. Les bâtiments y sont récents, parfois audacieux dans leurs formes, intégrant des espaces verts jusque sur leurs toits. Enfin, l’arrivée sur l’avenue de France offre une perspective large et dégagée avec des façades contemporaines qui concluent notre randonnée sur une note résolument actuelle. Notre parcours a mis en évidence une transition progressive entre le Paris historique, marqué par ses institutions savantes et hospitalières, et un urbanisme moderne tourné vers l’innovation architecturale et les nouveaux usages de la ville.
Jeudi 19 mars. Notre randonnée printanière nous évoque les femmes et hommes célèbres ayant séjourné à Maisons-Laffitte. Nous cheminons dans les allées boisées du parc à la recherche des plaques commémoratives de leur lieu de séjour. Des artistes et écrivains comme Roger Martin du Gard, lauréat du prix Nobel, ou Jules Renard, auteur ironique, y ont trouvé un cadre propice à la création. Des personnalités engagées telles que Jules Vallès ont marqué leur époque par leur plume et leurs convictions. La ville a aussi attiré des artistes aux talents multiples comme Jean Cocteau, ainsi que des créateurs et intellectuels venus d’horizons divers, à l’image d’Arthur Koestler ou du sculpteur Idel Ianchelevici. À leurs côtés, des figures du monde culturel et médiatique comme Albert Carré et Pierre Giffard rappellent que Maisons-Laffitte n’est pas seulement une ville résidentielle mais un lieu de rencontres, un véritable foyer d’inspiration ayant accueilli des talents issus de domaines variés. A Maisons-Laffitte se sont croisées les petites et les grandes histoires. Sous un beau soleil, nous échangeons nos connaissances, nos anecdotes sur ces figures marquantes, comédiens, chanteurs, écrivains, couturiers, journalistes, militaires,..