Gazette de l’année 2025-2026

Cette page est la vôtre pour partager les bons moments de vos randonnées, se souvenir.

Si vous le souhaitez, Evelyne vous remercie de lui faire parvenir vos écrits surtout lorsqu’elle ne participe pas aux randonnées.

Jeudi 16 avril. Les écuries du Parc, circuit de deux heures à l’ouest de l’avenue Eglé. Il y a foule au rendez-vous en ce dernier jeudi avant les vacances scolaires. Empruntant l’avenue Malesherbes, nous nous arrêtons devant l’écurie vide de l’ancienne clinique vétérinaire. Attiré par la foule, le propriétaire s’avance, ouvre le portail et nous conte l‘histoire du lieu avant d’évoquer poneys, chevaux de selle, chevaux de course et dangerosité de sortir un équidé dans ce quartier. Passant à proximité, un détour permet de se recueillir devant le chêne tricentenaire tombé au sol lors de la tempête de novembre 2023. Le sculpteur Christophe Donnard a transformé l’imposant tronc un an plus tard. Séance photos. L’ancien CFA horticulture et cheval est devenu école de L’Ermitage. Des écuries anciennes tel le ranch ou récentes (1927) jalonnent notre parcours. Un coup d’œil s’impose pour voir l’état d’avancement de la construction du CIRE, centre international de rééducation équine, voulu par Frédéric Hinderze pour les jeux olympiques de 2024. Seule la vaste villa destinée aux futurs clients est terminée. Il fait soif : Pierre nous ouvre grand sa porte et une collation permet un temps de repos. Nous écourtons le parcours des écuries et terminons par la très belle exposition temporaire du peintre Christoff Debusschere à la salle Montesquieu. 

Lundi 4 mai. Ah, cette charmante balade sur le papier entre Boissy et Brunoy, une douce escapade bucolique. Dans les faits, c’est surtout une épreuve pour tester l’étanchéité de nos chaussures, notre détermination à enchaîner les kilomètres et la solidité de notre moral. Notre parcours commence innocemment à la gare de Boissy-Saint-Léger avant d’entrer dans Limeil-Brévannes puis de pénétrer dans la forêt de la Grange. Les rues laissent alors place aux chemins. Très vite, une petite bruine puis une pluie continue, obstinée, décident de faire toute la randonnée avec nous. … Rapidement, les sentiers se transforment en succession de flaques gigantesques, si savamment disposées qu’à chaque pas, une question se pose : contourner ? sauter ? traverser et accepter son destin humide ? La forêt de la Grange, normalement paisible, prend des airs de parcours aquatique. Les “passages humides” mentionnés dans le descriptif ? Un euphémisme digne d’un bulletin météo optimiste. Le pique-nique reste un moment de convivialité sous un abri à regarder passer les TGV tout comme nos amies les vaches pendant que la pluie joue du tambour au-dessus de nos têtes. Nos sandwichs ont un léger goût d’aventure et d’humidité ambiante. Nous quittons la forêt et arrivons le long de l’Yerres. En suivant le chemin des poètes, nous revoyons nos classiques tout en progressant entre passerelles et flaques.  Entre deux rideaux de pluie, nous apercevons la rivière, ses barques sur les rives, canards et poules d’eau, maison et parc de Gustave Caillebotte. Les grenouilles coassent allègrement : pour elles, c’est la fête ! Les pelouses sont bien vertes, les arbres majestueux le long de la rivière, leurs silhouettes élégantes. Savez-vous qu’ici un nouvel arbre est planté à chaque naissance dans cette commune ? Nous arrivons à Brunoy avec le sentiment d’avoir survécu à une randonnée où l’eau était partout. Des kilomètres qui pèsent lourds sur nos chaussures détrempées, nos pantalons douteux, nos capes aussi humides dedans que dehors… Une randonnée où le ciel avait décidé de participer… intensément ! Nous nous en souviendrons.

Mardi 5 mai.  Aujourd’hui, notre randonnée est organisée autour de deux thèmes : les arbres et l’architecture, au cœur de Paris. Nous débutons à la station RER Saint-Michel-Notre-Dame, au bord de la Seine. Dès les premiers pas, notre regard est attiré par l’eau et les quais animés. Très vite, nous entrons dans le square René-Viviani qui abrite le plus vieil arbre de la capitale : un robinier planté en 1601. Rapporté d’Amérique par le botaniste Jean Robin, cet arbre impressionne par son grand âge. Son tronc massif, aujourd’hui incliné, est soutenu par une structure discrète, dissimulée sous le feuillage. Régulièrement entretenu par des élagueurs, il continue, malgré sa silhouette fatiguée, de traverser les siècles, de Henri IV à nos jours. Nous poursuivons en longeant Notre-Dame-de-Paris et ses abords où quelques arbres remarquables ponctuent notre parcours. À l’angle de la rue de la Brosse, un détail insolite attire notre attention : la Cloche d’Argent, vestige d’une ancienne enseigne qui signalait jadis un café fréquenté par des compagnons artisans. À deux pas de l’Hôtel de Ville de Paris, nous traversons le jardin mémoriel du 13 novembre 2015, sur la place Saint-Gervais. Dédié aux victimes des attentats, ce lieu sobre et émouvant est marqué par des blocs de granit. Sur le parvis de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, un orme déploie son feuillage printanier. Il perpétue une tradition ancienne : depuis le Moyen Âge, des ormes occupaient cet espace, lieu de rassemblement et de justice pour les habitants du quartier. La promenade se poursuit vers le Marais. Dans ses rues étroites, la végétation se fait plus discrète, mais réserve parfois des surprises. La rue du Figuier rappelle, par son nom, la présence ancienne de ces arbres fruitiers à laquelle se rattache une anecdote attribuée à Marguerite de Valois. Nous arrivons bientôt devant le remarquable Hôtel de Sens, l’un des rares hôtels particuliers médiévaux conservés dans la capitale avec ses tourelles et ses murs épais. En flânant dans le Marais, célèbre pour ses hôtels particuliers, chaque façade semble nous raconter une histoire, chaque fenêtre un fragment de vie ancienne. Ici est conté l’âge d’or aristocratique du quartier aux XVIème et XVIIème siècles : cours intérieures, jardins discrets et détails architecturaux raffinés jalonnent notre parcours. La balade nous mène ensuite à la Place des Vosges, l’une des plus harmonieuses de Paris. Sous ses arcades régulières, entourée de pavillons de briques et de pierre, elle offre un équilibre apaisant. Au centre, les tilleuls alignés forment un couvert végétal propice à la détente, presque désert en ce jour de pluie. Nous poursuivons vers l’Hôtel de Sully puis l’Hôtel Carnavalet, dont les jardins abritent parfois des arbres soigneusement taillés. Enfin, la promenade s’achève sur une note contemporaine, avec une œuvre liée aux Jeux olympiques d’été de 2024 : un cheval métallique qui mêle art et ingénierie. Cette silhouette moderne fait écho aux siècles d’histoire parcourus, comme si, après les arbres profondément enracinés dans le passé, surgissait une monture tournée vers l’avenir.

Jeudi 7 mai. Nous partons du Pont de Saint-Cloud. Nous avançons d’un pas tranquille le long des quais. À mesure que nous marchons, la ville change de visage. Les péniches amarrées oscillent lentement sur le fleuve. Nous longeons le Bois de Boulogne dont les arbres filtrent les rayons du soleil. En arrivant vers Suresnes, nous grimpons légèrement. Devant, des tours commencent à apparaître à l’horizon, d’abord floues puis de plus en plus nettes. Nous suivons les chemins qui longent les coteaux. Peu à peu, les rues deviennent plus larges, les passants plus nombreux, les costumes apparaissent. Nous voici au milieu de façades de verre et d’acier. Nous débouchons sur l’esplanade de Grande Arche de la Défense Nous levons les yeux vers l’arche immense qui encadre quelques nuages. Nous avons l’impression d’avoir traversé plusieurs paysages sans jamais avoir quitté la ville.

Lundi 11 mai. Nous entrons dans le parc de Sceaux en suivant les grandes perspectives à la française, les allées rectilignes, les parterres symétriques et le canal. Le chant des oiseaux accompagne nos pas. Après avoir franchi la grille, parcouru quelques rues calmes et longé des zones résidentielles verdoyantes, nous entrons dans les jardins de la Bièvre qui forment une continuité verte entre les sites qui font partie de notre parcours. Nous gagnons la roseraie de L’Haÿ‑les‑Roses, accueillante et parfumée. L’intensité de la floraison et les allées bien entretenues nous invitent à flâner tout en humant les effluves des roses. Une balade riche en couleurs et en senteurs à la périphérie de Paris.

Mardi 12 mai. Nous commençons notre randonnée place de l’Alma, au bord de la Seine. Nous apercevons la Tour Eiffel en arrière‑plan, les berges offrent de jolis points de vue. L’architecture haussmannienne et les boutiques de luxe s’offrent à notre regard en progressant vers l’ouest. Nous longeons de belles maisons, des squares et des avenues bordées d’arbres qui offrent une transition bucolique depuis le front de Seine. Les trottoirs s’élargissent, nous nous rapprochons du bois de Boulogne. Nous parvenons à la porte de Saint‑Cloud, une des entrées du bois de Boulogne avec son grand carrefour, ses boulevards qui rayonnent et sa circulation dense. Une randonnée urbaine alliant rues élégantes et passages plus calmes.

Lundi 18 mai. A l’aller, les sept randonneurs entrent dans la même cabine du câble C1 pour découvrir le plateau entre Seine et Marne. Texte pris sur Tourisme Val de Marne pour l’origine de la plage bleue à Valenton : « Au centre de la plaine alluviale Marne-Seine. Ce site accueillait au début du siècle de fertiles cultures maraîchères. Puis, l’exploitation du sablon devenant industrielle, une mosaïque de petits bassins alimentés par la nappe phréatique investit les lieux. Au milieu des années 60, un de ces plans d’eau fut peu à peu adopté par baigneurs et promeneurs et devint la “plage bleue”. En 1979, confrontées à un accroissement de l’insalubrité, les autorités décidèrent de fermer ce plan d’eau au public. En 1987, dans une convention signée avec l’exploitant et la commune de Valenton, le Conseil général décida de créer un parc de 40 hectares, l’un des maillons du projet régional de coulée verte. L’originalité de ce parc contemporain, l’ampleur de ses volumes, son mobilier spécifique, lui ont valu le trophée du paysage en 1993, ainsi qu’une mention dans les prix de l’aménagement urbain 1994 décernés par le Courrier des Maires et des Elus locaux ». Après-midi bucolique dans un cadre verdoyant animé par les oiseaux.

Mardi 19 mai. Nos pas démarrent à partir du quartier Jonchère-Malmaison le long de hauts murs cachant de superbes villas. Les grilles (fermées ce jour) du parc de Bois Préau cachent un joyau de verdure. Bientôt nos pieds foulent les pavés anciens du centre-ville. Recueillement à l’église Saint-Pierre-Saint-Paul sur les tombeaux de Joséphine et Hortense après avoir contourné le cœur drapé de couleur orangée. Plus loin, le musée, situé dans l’ancienne mairie, présente une exposition temporaire sur Jacques Baumel. Leçon d’histoire du XXème siècle : né à Marseille en 1918, étudiant en médecine, acteur central et discret de la Résistance, député, sénateur, puis député à nouveau, maire de Rueil, président du Conseil Général des Hauts de Seine, sa vie au service des autres. Il disait de Rueil « une ville de province aux portes de Paris ». C’est notre sentiment sur le chemin du retour vers la gare.

Jeudi 21 mai. La chaleur succédant à plusieurs jours de pluie, nous marchons à l’ombre des arbres du parc de Maisons-Laffitte. Direction la suite des écuries, notre balade du 16 avril ayant été interrompue par une pause gastronomique chez l’habitant adhérent. Au début de l’avenue Catinat, un exemple typique de l’écurie en briques et en pierre se présente avec ses boxes en arc de cercle, sa maison de maître en avant, au centre. Différents styles de bâtis s’offrent à nos yeux selon la destination ou l’époque de construction : écuries de selle, à louer, pour l’apprentissage des petits, partagées en plusieurs lots ou transformées en salles de classe. Après un détour par le monument de la RAF (Royal Air Force), avenue Eglé, à proximité du Pavillon Bleu, nous vivons une leçon d’architecture contemporaine devant le 48 et face à devant l’église Notre Dame. Deux heures et demie de balade instructive.

Mardi 26 mai. Dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye, les longues allées poussiéreuses vibrent sous la chaleur. Entre les grands arbres, les clairières baignent dans une lumière blanche écrasante où pas un souffle d’air ne circule. Pourtant, dans le silence brûlant, le chant vif des pouillots véloces répond aux trilles plus profonds des rossignols cachés dans les feuillages. Nous marchons lentement, déjà trempés de sueur, pendant que le soleil traverse les branches avec une précision diabolique. Au détour d’une allée, le sol labouré indique le passage des sangliers qui, bien malins, restent tapis dans l’ombre fraîche des buissons, invisibles. Nous vidons nos réserves d’eau sous l’œil de la forêt qui nous observe avec amusement.

Jeudi 28 mai. Nous profitons d’une petite balade au haras de Jardy, confié depuis 1980 au département des Hauts-de-Seine, véritable havre de verdure aux portes de la ville. Nous empruntons les allées ombragées qui serpentent entre les prairies et les installations équestres. Au détour d’un chemin, nous apercevons plusieurs chevaux paisiblement occupés à brouter. Nous prenons le temps d’admirer les grands arbres, les vastes espaces verts. La promenade se poursuit tranquillement au rythme de nos pas, entre nature et patrimoine équestre. Nous repartons détendus, ravis d’avoir découvert ce lieu où règnent le calme, les chevaux et une douceur de vivre.

Lundi 1er juin. Nous partons à l’improviste pour une randonnée autour des étangs de Verneuil-sur-Seine et de la base de loisirs. Il fait déjà assez chaud pour que nous dégainions la crème solaire. Nous commençons tranquillement jusqu’à ce qu’un troupeau de chèvres apparaisse. Elles semblent connaître le terrain mieux que nous, nous observent quelques secondes puis reprennent leurs occupations. Nous nous enfonçons ensuite dans une forêt où le sentier décide soudain de nous mettre à l’épreuve. Troncs d’arbres couchés, racines, branches basses, passages encombrés : chaque obstacle paraît avoir été installé spécialement pour nous. Le chemin devient de plus en plus étroit. Les herbes hautes nous arrivent presque à la taille et les orties, manifestement très accueillantes, cherchent à établir un contact rapproché. Nous avançons en effectuant une chorégraphie improvisée de mains en l’air, de contournements, d’esquives et de petits bonds peu élégants. Entre la Seine et l’Étang de Gallardon, le paysage devient superbe. La Seine coule en contrebas tandis que l’étang miroite de l’autre côté. Les oiseaux chantent, ravis de notre présence. Nous rejoignons ensuite le chemin de halage qui permet de passer entre la Seine et l’étang. La marche devient plus confortable. Nous longeons le port en observant les bateaux amarrés et en imaginant brièvement une version de la randonnée où nous serions tranquillement installés à l’ombre sur le pont d’un voilier. Nous observons les oiseaux avec des jumelles. Un arrêt à la plage s’impose. Qui se baigne ? La réponse est sur la photo ! Nous nous asseyons quelques minutes pour contempler l’eau et partager un goûter. Nous reprenons notre route en longeant l’Étang du Rouillard. Le calme du lieu contraste avec nos aventures forestières précédentes. Nous retrouvons un rythme de marche plus serein, sans avoir à négocier avec des orties belliqueuses. La traversée du village de Verneuil-sur-Seine marque le retour progressif à la civilisation. Les rues, bien qu’étroites par endroits, paraissent étrangement simples après les sentiers sauvages. Enfin, nous retrouvons la voiture. Ce moment provoque presque autant d’émotion que la découverte d’une oasis dans le désert. Nous retirons nos sacs, satisfaits de notre boucle autour des étangs. Nous avons marché sous une belle chaleur estivale, affronté les orties, croisé des chèvres, longé la Seine, exploré les étangs et survécu à toutes les embûches du parcours. Une randonnée réussie.

Mardi 2 juin 2026. Pointant la tête à la sortie du métro Saint Emilion, le ciel sec permet de nous aventurer dans le Parc de Bercy le plus récent (2000). Slalomant entre allées droites et courbes, jetant un œil attendri vers les poules d’eau nourrissant leur progéniture au duvet hirsute, nous rejoignons le premier parc (1997). La verdure envahit les parterres d’arbustes défleuris, les jardiniers s’affairent à mettre en terre les plants d’été ou à couper les roses fanées. Nez en l’air, une odeur sucrée mène nos pas vers une rangée d’arbres au caramel (Katsura ou ceruidiphyllum japonicum). Nous partons à la recherche des fabriques représentant les quatre saisons. Les rosiers plient sous le poids de leurs bouquets de fleurs mouillées. Les vignes présentent leurs jeunes grappes. Les ardoises indiquent les spécialités du jardin potager. Retournant à la case départ, le marchand de glaces attire notre gourmandise. Pause gourmande juste avant la prochaine averse.

Jeudi 4 juin. Notre randonnée débute dans la vaste Plaine de Montesson, l’un des derniers grands espaces agricoles situés aux portes de Paris. Dès les premiers pas, le contraste est saisissant entre l’urbanisation des communes voisines et l’étendue des champs cultivés qui s’ouvrent devant nous. Nous traversons des parcelles maraîchères où poussent, selon la saison, salades, poireaux, choux et autres légumes destinés aux marchés franciliens. Nous avançons sur des sentiers faciles qui serpentent entre les cultures. Le paysage, largement ouvert, offre de belles perspectives sur les communes de Montesson, Chatou et Le Vésinet. Des oiseaux s’élèvent au-dessus des champs. Notre parcours nous permet de mieux comprendre l’importance historique de cette plaine agricole dont les terres fertiles alimentent les habitants de la région parisienne depuis plusieurs siècles. Aujourd’hui encore, les exploitations maintiennent une activité agricole dynamique malgré la pression urbaine. La plaine de Montesson offre un véritable îlot de nature et d’agriculture dans une atmosphère reposante.

Lundi 8 juin. A la découverte de Draveil, patrimoine et Port-aux-Cerises

Jeudi 11 juin. Notre balade nous plonge dans l’histoire du XVIème arrondissement de Paris pendant l’Occupation allemande entre 1940 et 1944. En partant de la place Victor-Hugo et en rejoignant la porte Dauphine, nous découvrons plusieurs lieux emblématiques qui témoignent à la fois de la collaboration, de la répression et de la Résistance. Le quartier, aujourd’hui paisible et élégant, était alors occupé par de nombreux services allemands et français collaborant avec l’occupant. En avançant vers la rue Lauriston, nous arrivons devant l’un des lieux les plus redoutés de l’époque : au 93, la Gestapo française, plus connue sous le nom de « Carlingue », avait installé son quartier général. Dirigée notamment par Henri Lafont, cette organisation criminelle collabora étroitement avec les services allemands. Les résistants, les Juifs et les opposants au régime y furent interrogés, torturés et parfois exécutés. La rue Lauriston devint ainsi un symbole de la terreur exercée dans la capitale occupée. Nous poursuivons vers la Rue Dumont-d ‘Urville, où plusieurs bâtiments furent réquisitionnés par les autorités allemandes. Dans ce secteur du XVIème arrondissement, de nombreuses demeures servaient alors de bureaux administratifs ou de logements pour les officiers du Reich. La promenade nous conduit ensuite devant l’Hôtel Majestic. Pendant l’Occupation, ce prestigieux hôtel devint le siège du commandement militaire allemand en France. De nombreuses décisions concernant la gestion du territoire occupé y furent prises. Le bâtiment incarnait le pouvoir exercé par l’occupant au cœur de Paris. À proximité se trouvait l’ancien appartement de Paul Valéry. L’écrivain continuait à vivre et à écrire dans un contexte marqué par les restrictions et la censure. Son attitude prudente illustre les dilemmes auxquels furent confrontés de nombreux intellectuels pendant cette période. Nous évoquons également la figure de Coco Chanel, qui résida dans le Paris occupé et entretint des relations controversées avec des responsables allemands. Son parcours pendant la guerre demeure un sujet de débats parmi les historiens. Le XVIème arrondissement joua aussi un rôle important dans la spoliation des œuvres d’art. Les collections appartenant à des familles juives furent saisies, inventoriées puis expédiées vers l’Allemagne ou dispersées. Ces confiscations massives constituèrent l’un des aspects les plus systématiques du pillage organisé par le régime nazi en France. En rejoignant le square de l’Avenue Foch, nous rappelons que cette prestigieuse avenue abrita plusieurs services allemands durant l’Occupation. Derrière les façades élégantes se cachaient alors des bureaux de police, des lieux d’interrogatoire et des centres de renseignement. Notre balade s’achève en évoquant la figure de Pierre Brossolette. Arrêté en 1944, il fut interrogé et torturé par les services allemands installés dans le quartier. Refusant de parler et de compromettre ses camarades, il se donna la mort pour ne pas céder sous la torture. Son courage fait de lui l’une des grandes figures de la Résistance française. Cette promenade montre ainsi comment le XVIème arrondissement, souvent associé à son élégance et à son calme, devint pendant l’Occupation un espace où se côtoyaient le pouvoir allemand, la collaboration, les spoliations et les actes héroïques de la Résistance. Chaque rue et chaque bâtiment rencontrés rappellent aujourd’hui une page essentielle de l’histoire de Paris et de la Seconde Guerre mondiale.

Lundi 15 juin. A la sortie de la gare de Gare de Rueil-Malmaison, par un après-midi lumineux, nous rejoignons les quais de Seine où la fraîcheur du fleuve donne l’illusion que tout ira bien. Mais très vite, les immeubles s’espacent, les jardins deviennent plus nombreux et la ville laisse davantage de place à la nature. Le parcours attaque les coteaux et la montée vers le Parc naturel des Gallicourts nous rappelle que la gravité travaille contre nous. S’ouvre alors un vaste panorama de verdure avec, au loin, les silhouettes de La Défense et des forêts voisines. Les chemins du Parc naturel urbain nous mènent jusqu’à la forêt de la Malmaison ou bois de Saint-Cucufa. Sous les grands chênes et les châtaigniers, l’ombre est accueillie comme un véritable trésor. Les sentiers forestiers s’enfoncent jusqu’à l’étang de Saint-Cucufa. L’atmosphère devient fraîche et silencieuse. Le miroir d’eau reflète les feuillages à une profondeur vertigineuse tandis que poules d’eau, foulques macroules, canards, hérons et autres habitants de la forêt animent discrètement les lieux se déplaçant d’un nénuphar à l’autre. Nous profitons d’une pause au bord de l’étang avant d’entamer la descente. Les chemins du retour serpentent entre espaces boisés, prairies et clairières qui nous rappellent un paysage de campagne aux portes de Paris Nous sommes à nouveau dans les espaces naturels des Gallicourts. Le belvédère nous indique ce que nous cachent les arbres Peu à peu, nous atteignons la Seine et longeons une dernière fois ses berges avant de rejoindre la gare de Rueil-Malmaison. La gourde est presque vide, mais la boucle est réussie : une belle randonnée qui monte, qui descend, et qui, par cette chaleur, mériterait largement une glace à l’arrivée.

Mardi 16 juin. De la porte Maillot à la porte Montmartre